Par Daniel Abadie
Né en 1920 à Pékin, Zao Wou-Ki appartient à cette génération
de peintres de toutes nationalités venus à Paris après la guerre et qu’on
appelle trop facilement école de Paris.
Dès son arrivée en France en 1948, il se lie d’abord avec
les artistes nord-américains et en particulier avec Jean-Paul Riopelle.
En signe d’amitié et en souvenir de ses visites au Canada, Riopelle offrit à
Zao Wou-Ki deux érables : l’un pour son petit jardin parisien,
l’autre à planter devant son atelier à la campagne.
À la mort de Riopelle, Zao Wou-Ki réalisa le grand triptyque
Hommage à mon ami Jean-Paul Riopelle, dans lequel le jaune éclatant de l’érable
à l’automne devient la lumière dorée du souvenir. Les tableaux qui accompagnent
ici ce triptyque, tous réalisés depuis l’an 2000, témoignent d’un nouveau
rapport du peintre à la couleur et de l’audace d’un artiste qui considère que
le grand âge est celui de la liberté.